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Les effets de la schizophrénie sur la famille

Conseils film
13 mai 2022

Dans son film À la folie, Audrey Estrougo aborde les effets de la schizophrénie sur une famille. Elle traite des rapports entre Manu et sa sœur Nathalie, atteinte de la maladie, mais également de leur relation avec leurs parents. Le long-métrage fait écho à la propre vie de la réalisatrice dont le petit frère souffre de schizophrénie.

Le positionnement de chacun face à la maladie

Emmanuelle (Manu) revient dans sa famille pour célébrer l’anniversaire de sa mère. Elle y retrouve sa sœur, Nathalie, atteinte de schizophrénie. Dans la maison qui l’a vue grandir, elle repère les signes d’un quotidien soumis à la maladie : vase cassé, prise arrachée, cadre brisé… Nathalie n’a pas changé. La mère semble dépassée, elle peine à cacher les bleus qu’elle a sur les bras. Le père est absent depuis longtemps, malgré son retour pour les festivités. Son portrait sans concession témoigne de sa profonde irresponsabilité. « Tu sais ce que c’est que d’avoir des enfants qu’on regrette ? » dit-il à sa fille pour justifier sa défaillance. Nathalie montre peu de filtres dans ses propos et oscille entre ses excès de joie, de détresse, et sa provocation permanente. Ses paroles sont crues, elle n’hésite pas à appuyer sur la culpabilité que sa sœur ressent depuis toujours. « Moi aussi j’aimerais qu’on m’invite ». Manu est sans cesse sur le qui-vive. Elle ne peut s’empêcher de reprocher à sa famille le déni dans lequel elle s’est enfermée. La mère refuse l’hospitalisation. Le père se déresponsabilise en prônant le libre choix de chacun. Nathalie, souvent consciente, subit sa souffrance. Manu enfin, peine à construire sa vie intime.

« Je sers à quoi si je ne peux pas la sauver. » – Manu

Tensions et effets de la schizophrénie sur la famille

La réalisatrice Audrey Estrougo place le spectateur dans un huis clos oppressant. Comme Manu, il est sans cesse aux aguets. Les tensions rythment le film à chaque instant. Car chaque phrase peut déclencher une crise incontrôlable, le moindre regard peut provoquer son lot de violences. Nathalie est toujours instable émotionnellement, la plupart du temps imprévisible, sa perception de la réalité est obsessionnelle et délirante. Et puis elle ne prend plus ses médicaments qui traînent sur la table de la cuisine. L’atmosphère est très tendue dès les premières minutes du film. Il règne une insécurité permanente qui nuit aux retrouvailles des trois femmes. Le climat est proche du cinéma d’épouvante. Il se ressent dans les moments de rencontres au bord de la rupture, dans ces silences si pesants ou dans les éclats incontrôlables. On attend en apnée le dénouement tragique qui clôtura ce drame. La scénariste connaît la maladie puisque son frère en est atteint. Elle témoigne des aspects négatifs qui perturbent l’entourage et plongent chacun dans une solitude difficilement supportable.

 

À la folie montre avec talent une maladie qui ronge insidieusement les liens et place les proches dans une impuissance culpabilisatrice. Audrey Estrougo illustre sans tabou à quel point les effets de la schizophrénie sur la famille peuvent être délétères.

ESTROUGO Audrey. (Réalisatrice). (2022). À la folie. Durée : 1 h 22

👉 À propos des effets de la maladie sur la famille, découvrez aussi notre article sur le livre S’adapter.

👉 Pour plus d’informations sur la schizophrénie, rendez-vous sur le site de nos partenaires : UNAFAM.

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Marc Chevallier Bénévole rédacteur web

Ancien aidant, enseignant et formateur sur le handicap à la retraite, Marc Chevallier met en lumière des livres, films, auteurs, réalisateurs… qui parlent de la cause des aidants.

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